Tempête à l’horizon, prudence sur les pontons 30.10.11
Si le calme l’emporte sur les pontons du Havre, la tension n’en est pas moins palpable à deux jours du départ de la 10è édition de la Transat Jacques Vabre. La faute aux prévisions météorologiques qui lèvent leur lot d’inquiétudes auprès des tandems de navigateurs en lice pour 4730 milles à destination de Puerto Limon au Costa Rica. Le skipper britannique Mike Golding, qui s’apprête à disputer sa 7è transat en double consécutive dans la catégorie IMOCA à bord de Gamesa nouvellement modifié, n’est pas en reste. Aux côtés du maître voilier Bruno Dubois, il ne fait pas mystère de ses appréhensions alors qu’un vaste système dépressionnaire automnal promet de mettre les hommes et les bateaux à très rude épreuve à l’entame d’une course ne faisant pas mentir son niveau d’exigence.
« Je suis un peu inquiet compte tenu de la météo et du très mauvais temps qui va nous tomber dessus avec l’arrivée d’un train de dépressions. Nous partons au combat ». En quelques mots, Mike Golding, pourtant rompu aux conditions extrêmes, plante le décor et annonce la couleur. À l’instar des autres équipages, avec son partenaire Bruno Dubois, il fait montre de prudence et vigilance. Les deux complices de Gamesa mesurent en effet qu’ils s’apprêtent à livrer bataille à bord d‘un coursier océanique récemment mis à l’eau après un chantier d’envergure dans la perspective du Vendée Globe 2012.
Garde-robe et tenue de tempête
« C’est une vraie satisfaction de voir Gamesa aux côtés des douze autres monocoques de la flotte IMOCA, de voir enfin de quoi il a l’air après toutes les modifications qui lui ont été apportées. Cela fait désormais une semaine que nous avons rejoint le Havre et que nous travaillons aux ultimes préparations du bateau : nous sommes bien prêts. Mais, les périphériques du bateau, le mât et le gréement notamment, n’ont pas encore été testés dans des conditions réelles et le vif de la compétition», complète de son côté Bruno Dubois.
Après une traversée de la Manche dans des conditions plutôt maniables, les choses promettent en en effet de sérieusement se gâter à l’approche d’une dépression assez creuse centrée sur le proche Atlantique générant des vents forts et une mer très croisée. Et le maître voilier d’ajouter : « nous réfléchissons déjà à la voilure que nous porterons. Trois-quatre ris, tourmentin, trinquette : la garde-robe sera bien sûr celle des grands jours pour affronter ce coup de baston… »
Préparation, anticipation
L’esprit tendu vers l’observation des cartes et modèles, les yeux rivés sur l’évolution du système dépressionnaire, les deux hommes ne laissent rien au hasard. L’avitaillement, la préparation du bateau, l’anticipation des manœuvres sont les maîtres mots de leurs dernières heures à terre avant le départ ce dimanche à 13h02 au large du Havre. À bord du coursier océanique aux couleurs de l’énergie du vent, ils peuvent néanmoins compter sur l’immense expérience de Mike Golding qui ne déplore aucun abandon et cumule les podiums sur le parcours de cette transat en double.
« Nous partons dans des conditions similaires à celles que nous avons connues lors de la précédente édition (3è aux côtés de J. Sanso, ndlr). La seule différence majeure est que nous devons redoubler de vigilance du fait que nous n’avons pas encore nos marques à bord. En termes de stratégie, nous privilégierons donc le conservatisme. La course est longue, et c’est la condition nécessaire pour nous mesurer ensuite en termes de vitesse, et valider le bateau sur l’ensemble de ce parcours océanique », assure le skipper britannique.